Parcours 0 — Avant de commencer · leçon gratuite · 14 min
IA générative, modèle, contexte, tokens
Quatre mots pour comprendre pourquoi Claude oublie, pourquoi ça coûte, et pourquoi « la fenêtre de contexte » est ta ressource la plus précieuse.
Objectifs
- Expliquer ce qu’est un modèle de langage sans mathématiques
- Comprendre la fenêtre de contexte et ce qu’elle contient
- Estimer ce qu’est un token et pourquoi ça compte
Une IA générative produit du contenu nouveau (texte, code, images) à partir d'une consigne. Claude est un modèle de langage (LLM, Large Language Model) : un programme entraîné sur d'immenses quantités de texte à prédire la suite la plus plausible d'un texte donné. Quand tu écris « corrige ce bug », il ne « réfléchit » pas comme toi : il produit, mot après mot, la suite la plus cohérente avec tout ce qu'il a sous les yeux. Ça marche remarquablement bien, et ça a des limites qu'il faut connaître.
Ce qu'il a « sous les yeux » s'appelle le contexte : ta conversation depuis le début, les fichiers qu'il a lus, les résultats des commandes, ton fichier CLAUDE.md, ses instructions de base. Tout ça tient dans une fenêtre de contexte de taille limitée. Quand elle est pleine, Claude Code la compacte (il résume le début de la conversation), et des détails peuvent se perdre. Une session qui « dérive » après une heure, c'est souvent ça.
Le contexte se mesure en tokens : des morceaux de mots (en français, environ 1 token pour 3 à 4 caractères ; un fichier de 300 lignes ≈ 3 000 à 5 000 tokens). Les tokens, c'est aussi l'unité de facturation à l'usage et ce qui limite ce que Claude peut lire d'un coup. Un gros fichier de log collé dans la conversation peut dévorer la moitié de la fenêtre.
Au démarrage d'une session, la fenêtre contient déjà : les instructions système de Claude Code, ton CLAUDE.md et ses règles, la mémoire automatique, la liste des outils disponibles, l'état Git. Puis chaque échange s'ajoute : ta demande, les fichiers lus (en entier !), les sorties de commandes, ses réponses. La commande /context affiche en direct ce qui occupe la fenêtre, par catégorie. /compact déclenche un résumé à la demande (tu peux préciser ce qu'il faut garder : /compact garde les décisions sur l'authentification). /clear repart de zéro pour une tâche sans rapport.
Plusieurs modèles sont disponibles avec des compromis différents (vitesse, coût, raisonnement) ; /model permet de changer en cours de session. Retiens l'idée plutôt que les noms : ils évoluent tous les quelques mois.
Deux façons de demander la même chose, et leur coût en contexte :
Il y a un bug quelque part dans le paiement, corrige-le.Le bug est dans src/checkout/total.ts : la TVA est appliquée deux fois quand un code promo est présent.
Regarde aussi src/checkout/promo.ts. Ne touche à rien d'autre.Même résultat attendu, cinq fois moins de contexte consommé, et une session qui reste lucide plus longtemps.
Le parcours 25 est entièrement consacré à la gestion du contexte : quand repartir à zéro, comment déléguer les grosses lectures à un sous-agent, comment écrire un CLAUDE.md qui coûte peu et sert beaucoup. Pour l'instant, garde l'image : la fenêtre de contexte est un bureau. Plus il est encombré, moins on y travaille bien.
À retenir
- Un LLM prédit la suite la plus plausible ; il est très bon et faillible.
- Le contexte = tout ce que Claude a sous les yeux ; sa fenêtre est limitée et se compacte quand elle est pleine.
- Les tokens mesurent le contexte (et la facturation) : un gros fichier coûte cher à lire.
- /context pour voir, /compact pour résumer, /clear pour repartir propre.